



S’il est un singulier parmi les singuliers, c’est bien Raymond Reynaud, le seul proche de l’art brut à avoir fait école : … le « mouvement singulier Raymond Reynaud » où on désapprend la nature morte et le paysage de style provençal pour aller chercher autre chose de plus indéfinissable, à l’intérieur ! …
Avec une obstination monacale, il travaille à la gouache, en enlumineur, d’immenses feuilles de papier marouflées ensuite sur des panneaux trouvés aux « bordilles ». Ou alors, il esquisse avec des débris, d’étranges totems plus peints que sculptés.
Raymond Reynaud est un peintre socratique, ses peintures sont faites pour la voie publique, elles interpellent directement le passant, elles incitent au dialogue, elles initient à l’art de peindre, mais aussi à l’art de voir, et à l’art d’échanger.
Ses peintures sont trop éprises de liberté pour se laisser clouer sur une paroi de musée et se laisser commenter sans répliquer par le premier venu …

Envolée imaginaire au coeur du tableau de Raymond Reynaud